Estimation locative • réglementation • marché

Estimer et fixer le bon loyer pour louer son bien immobilier.

Pour fixer le loyer à Paris, commencez par obtenir un premier repère réglementaire et de marché. Ensuite, confrontez ce repère aux caractéristiques réelles du logement. Enfin, vérifiez le DPE, le précédent loyer, les charges et les règles applicables afin d’arrêter un montant cohérent et défendable.

Propriétaire et conseillère immobilière analysant les données pour fixer le loyer à Paris avant une mise en location
1MarchéComparer les biens réellement concurrents
2RèglesIdentifier l’encadrement applicable
3ChargesSéparer loyer et charges récupérables
4DécisionFixer un montant cohérent et explicable
Outil LUDAEL

Obtenez un premier repère de loyer sans confondre plafond légal et valeur locative.

D’abord, le calculateur croise l’adresse du logement avec les données publiques disponibles. À Paris, Est Ensemble et Plaine Commune, il identifie ensuite le cadre d’encadrement applicable et s’appuie sur les référentiels officiels. Dans les autres communes, il peut afficher un repère statistique de marché lorsque la donnée ANIL est disponible. Enfin, le résultat reste indicatif et doit être validé au regard du logement réel.

Les trois vérifications à croiser

1
Cadre réglementaireIdentifier si un encadrement local s’applique et utiliser le référentiel officiel du territoire concerné.
2
Repère de marchéAfficher un indicateur public de loyer d’annonce quand il est disponible, sans le présenter comme un prix recommandé.
3
Validation LUDAELÉtage, état, lumière, plan, extérieur, DPE et concurrence réelle restent à analyser avant de fixer le loyer.
Saisissez séparément l’adresse, le code postal et la ville afin d’identifier correctement le secteur réglementaire.

Relocation récente : si le logement a été occupé par un locataire au cours des 18 mois précédant le nouveau bail, le résultat du calculateur ne suffit pas à déterminer le nouveau loyer. Le dernier loyer appliqué reste en principe le plafond de départ, sous réserve de l’IRL et des dérogations légales liées notamment à certains travaux ou à une sous-évaluation manifeste.

Cadre réglementaire identifié

Loyer de référence–
Référence majorée–
Plafond du loyer de base–

À retenir : ce plafond réglementaire n’est pas, à lui seul, une estimation complète de la valeur locative de votre logement et n’intègre pas automatiquement un éventuel complément de loyer.

Calcul officiel du territoire

Si le calculateur officiel ne peut pas s’afficher dans cette fenêtre, ouvrez-le directement sur le site de la DRIHL.

Loyers réellement observés – OLAP

Valeur basse–
Médiane–
Valeur haute–

Fourchette de loyers de marché hors charges observée par l’OLAP. Elle constitue un repère de marché et non un plafond réglementaire.

Repère statistique du marché locatif

Indicateur public–
Intervalle statistique–
Niveau de donnée–

Cet indicateur repose sur des loyers d’annonce charges comprises pour des logements de référence non meublés. Il ne constitue ni un plafond réglementaire ni une recommandation de loyer pour votre logement.

Le vrai loyer se valide ensuite sur le bien.

LUDAEL peut confronter ces données à l’adresse précise, l’étage, l’ascenseur, l’exposition, la lumière, le plan, l’état, les prestations, le DPE, les charges et l’offre réellement concurrente au moment de la mise en location.

Faire valider mon loyer par LUDAEL
Tester si un complément de loyer mérite d’être étudié

Votre logement présente-t-il l’un de ces éléments défavorables ?

Le logement possède-t-il une caractéristique réellement distinctive ?

Sources utilisées : Géoplateforme – BAN pour l’adresse et les coordonnées ; Paris Data – quartiers administratifs pour la localisation dans Paris ; arrêté préfectoral DRIHL 2026 pour le barème réglementaire ; OLAP – loyers de marché pour les loyers observés hors charges du parc locatif privé libre non meublé ; ANIL / Ministère – Carte des loyers 2025 pour le repère d’annonces charges comprises. Ces sources ne sont pas moyennées entre elles car elles répondent à des finalités et méthodologies différentes.
Sources contrôlées et versionnéesDRIHL 2026, OLAP début 2026 et ANIL 2025 – contrôle technique en cours.
Comprendre les règles qui s’appliquent au loyer
Première vérification

Avant de fixer le loyer à Paris, il faut savoir quelles règles s’appliquent au logement.

Le mot « encadrement » recouvre plusieurs mécanismes. Le propriétaire doit donc partir de l’adresse, du type de bail, de l’historique locatif et du DPE avant de retenir un montant.

Marché libre

Hors dispositif local de loyers de référence.

Le marché reste le point de départ. La loi du 6 juillet 1989 pose en principe la liberté de fixation du loyer à la mise en location, sous réserve des autres contraintes applicables, notamment pour les logements F ou G.

Zone tendue

L’évolution du loyer peut être limitée.

Dans les zones tendues, un décret encadre l’évolution de certains loyers lors d’une relocation ou d’un renouvellement. Depuis le 1er août 2026, ce mécanisme est reconduit jusqu’au 31 juillet 2027.

Loyers de référence

Un plafond local peut s’ajouter.

Dans certains territoires ayant mis en œuvre l’expérimentation prévue par l’article 140 de la loi ÉLAN, le loyer de base doit également respecter un loyer de référence majoré.

À vérifier avant chaque mise en location : zone tendue, éventuel dispositif local de loyers de référence, dernier loyer appliqué, date de départ du précédent locataire, DPE et date de signature du nouveau bail.

Relocation et historique du loyer

Relocation après moins de 18 mois : le précédent loyer reste déterminant.
En zone tendue, lorsqu’un logement a été occupé par un locataire au cours des 18 mois précédant le nouveau bail, le nouveau loyer ne peut en principe pas dépasser le dernier loyer appliqué. S’il n’a pas été révisé pendant les 12 mois précédents, une actualisation selon l’IRL peut être possible. Des dérogations existent notamment pour certains travaux d’amélioration ou de mise en conformité et lorsque le dernier loyer est manifestement sous-évalué, mais elles obéissent à des calculs précis. Si un encadrement local par loyer de référence majoré s’applique également, les deux dispositifs doivent être respectés. Pour les logements F ou G, les règles de gel liées à la performance énergétique priment sur ces possibilités de réévaluation.
Analyse de biens comparables pour déterminer la valeur locative d’un logement
Valeur locative

Le bon loyer commence par le marché réel.

La réglementation fixe parfois une limite. Cependant, elle ne dit pas toujours quel loyer est économiquement pertinent. En pratique, un propriétaire doit aussi regarder ce que les candidats comparent réellement au même moment.

  • Adresse, micro-quartier, transports et environnement immédiat.
  • Surface, nombre de pièces, plan, étage, ascenseur et luminosité.
  • État du logement, équipements, extérieur, stationnement et prestations.
  • Qualité du mobilier lorsque le logement est loué meublé.
  • DPE, confort thermique et éventuels travaux à anticiper.
  • Offre concurrente, niveau de demande et délai de location constaté.
Le loyer théoriquement le plus élevé n’est pas toujours le plus rentable. Un montant trop ambitieux peut allonger la vacance, multiplier les visites inutiles et conduire à perdre plusieurs semaines de loyer.
Encadrement des loyers et complément – le détail
Loyers de référence

Quand un territoire applique l’encadrement, le calcul doit être vérifié avant l’annonce.

Le loyer de base, hors charges et hors éventuel complément, ne doit pas dépasser le loyer de référence majoré applicable à la catégorie du logement. Ainsi, le bon réflexe consiste à vérifier l’adresse et le dispositif en vigueur à la date de signature.

Calcul du plafond

Loyer de référence majoré × surface habitable.

Dans les territoires concernés, les références varient selon les paramètres fixés localement, par exemple le secteur, l’époque de construction, le nombre de pièces et le caractère vide ou meublé.

Montant Ce qu’il représente À ne pas confondre avec
Loyer de base Loyer hors charges, avant éventuel complément. Charges locatives.
Loyer de référence majoré Plafond du loyer de base dans le dispositif local. Valeur locative théorique du marché.
Complément de loyer Somme ajoutée seulement si les conditions légales sont réunies. Supplément automatique pour un beau logement.

Vérifier le plafond avant de publier

Un plafond à calculer avec précision : le loyer de référence majoré applicable à la date de signature doit être multiplié par la surface habitable exacte. Dans un marché très tendu, le loyer de base peut être fixé jusqu’à ce plafond lorsque le marché réel le justifie : il s’agit d’un maximum légal, pas d’un montant automatiquement dû. Une erreur conduisant à fixer le loyer de base au-dessus du plafond peut entraîner sa mise en conformité et la restitution des sommes trop perçues. Les actions dérivant du bail sont, en principe, prescrites par trois ans à compter du jour où le titulaire du droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant d’agir ; il ne faut donc pas raisonner sur une prétendue possibilité de réclamer automatiquement dix années de trop-perçu.
Situation particulière au 1er novembre 2026 : l’expérimentation de l’article 140 de la loi ÉLAN arrive juridiquement à échéance le 23 novembre 2026. Une proposition de loi relative aux rapports locatifs a été adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale puis modifiée par le Sénat le 21 octobre 2026. Dans sa version adoptée par le Sénat, la durée de l’expérimentation serait portée de huit à dix ans ; ce texte n’est toutefois pas encore définitivement adopté et la procédure législative reste en cours. Pour tout bail signé autour ou après cette échéance, le cadre applicable devra donc être revérifié à la date de signature.
Vérification d’un loyer de référence avant la mise en location d’un appartement
Complément de loyer

Une exception à justifier, pas un supplément automatique.

Un complément peut être envisagé lorsque le logement possède des caractéristiques de localisation ou de confort déterminantes par comparaison avec des logements comparables du même secteur. Cependant, ces caractéristiques ne doivent pas déjà être prises en compte dans le loyer de référence ni récupérées au titre des charges.

D’abord, le loyer de base doit être fixé au niveau du loyer de référence majoré. Ensuite, le complément doit être distingué du loyer de base dans le bail : son montant et les caractéristiques précises qui le justifient doivent y être inscrits. Enfin, le locataire peut contester ce complément en saisissant la commission départementale de conciliation dans un délai de trois mois à compter de la signature du bail ; il appartient alors au bailleur de démontrer que le complément est justifié.

Par exemple, une vue réellement exceptionnelle, les qualités particulières liées à un étage élevé ou certaines annexes privatives comme une cave ou un stationnement peuvent être examinées. Cependant, aucun de ces éléments n’ouvre automatiquement droit à un complément. Il faut toujours vérifier qu’il est déterminant, exceptionnel par rapport aux logements comparables du même secteur et de la même catégorie, qu’il n’est pas déjà pris en compte dans le loyer de référence et qu’il ne correspond pas à une charge récupérable.

  • Identifier une caractéristique réellement propre au logement.
  • Comparer avec des logements de même catégorie dans le même secteur.
  • Documenter la caractéristique : plan, étage, vue, photos et éléments objectifs.
  • Écarter ce qui est déjà intégré dans la référence ou dans les charges.
  • Conserver un dossier permettant de défendre le raisonnement en cas de contestation.

Quand le complément de loyer devient impossible

Le complément est interdit lorsque le logement présente notamment certains défauts listés par la loi : DPE F ou G, humidité, fenêtres laissant anormalement passer l’air, vis-à-vis à moins de dix mètres, infiltrations, problèmes récents d’évacuation d’eau, installation électrique dégradée ou mauvaise exposition de la pièce principale. Attention : pour un logement classé G en métropole, la question du complément est en pratique dépassée pour une nouvelle location en résidence principale : depuis le 1er janvier 2025, le logement ne satisfait plus au critère minimal de décence énergétique et doit être remis en conformité avant d’être proposé à la location dans ce cadre.
Appartement avec vue dégagée illustrant l’analyse d’un éventuel complément de loyer
Jurisprudence récente

Ce que deux décisions de la Cour de cassation rappellent sur le complément de loyer.

Les décisions ne créent pas une liste automatique de suppléments autorisés. Elles montrent surtout qu’une caractéristique doit être propre au logement, déterminante et appréciée par comparaison avec des biens similaires.

4 décembre 2025 – pourvoi n° 24-17.930 La Cour a validé l’appréciation de juges ayant retenu le calme et la luminosité liés à l’étage élevé, l’ascenseur permettant de profiter de ces avantages sans subir les inconvénients de l’étage. Lire la décision sur Légifrance →
4 décembre 2025 – pourvoi n° 24-15.589 La Cour a admis l’appréciation d’une vue dégagée sur un monument historique prestigieux, considérée comme une caractéristique propre au logement du fait de sa localisation et de son étage. Lire la décision sur Légifrance →
Charges locatives – ce qui est récupérable
Propriétaire calculant les charges récupérables avant de mettre un logement en location
Loyer et charges

Deux montants différents qu’il ne faut jamais mélanger.

Le loyer hors charges rémunère la mise à disposition du logement. En revanche, les charges récupérables correspondent à des dépenses légalement récupérables auprès du locataire. Ainsi, en copropriété, la totalité des charges appelées au propriétaire n’est pas automatiquement refacturable.

Situation Méthode Vigilance
Location vide hors colocation au forfait Provisions sur charges avec régularisation annuelle. S’appuyer sur les dépenses récupérables et des justificatifs cohérents.
Colocation Provisions ou forfait si le bail le prévoit, selon le régime applicable. En location vide, l’article 8-1 autorise le forfait pour la colocation ; la location consentie exclusivement à des époux ou à des partenaires liés par un PACS est exclue de cette définition. En meublé, l’article 25-10 autorise le forfait indépendamment de cette qualification.
Meublé – provisions Même logique que l’article 23 : provisions puis régularisation. Ne pas confondre charges de copropriété totales et part récupérable.
Meublé – forfait Forfait prévu au bail, sans régularisation ultérieure. Le montant ne doit pas être manifestement disproportionné.
Maison hors copropriété Identifier les dépenses effectivement récupérables selon les services rendus. Un montant mensuel doit rester explicable et justifiable.

Calculer les charges récupérables avec méthode

En copropriété, partir des comptes du syndic plutôt que d’estimer au hasard.
Les charges récupérables sont celles autorisées par l’article 23 de la loi du 6 juillet 1989 et par la liste du décret n° 87-713 du 26 août 1987. Pour fixer une provision cohérente, le bailleur s’appuie notamment sur la précédente régularisation et le budget prévisionnel. Après l’arrêté annuel des comptes de copropriété, il faut identifier la part réellement récupérable sur le locataire ; si le relevé transmis par le syndic ne la distingue pas clairement, le copropriétaire peut demander les éléments nécessaires et consulter les pièces justificatives. Le bailleur reste responsable de la régularisation envers son locataire. En cas de provisions, cette régularisation est annuelle, à la hausse comme à la baisse, avec communication du décompte par nature de charges et du mode de répartition dans les immeubles collectifs.
Type de bail – vide, meublé ou Code civil
Type de bail

Le contrat peut modifier le cadre applicable, mais il doit correspondre à l’usage réel.

Location vide, location meublée et situations relevant réellement d’un bail Code civil ne répondent pas toujours aux mêmes règles. D’abord, il faut donc qualifier correctement l’occupation et le contrat envisagé avant d’arrêter le loyer.

Méthode LUDAEL Immobilier

Du marché au bail : arrêter un loyer cohérent et défendable.

Notre rôle n’est pas de plaquer une formule sur un logement. Nous commençons par écouter le propriétaire, comprendre son projet, analyser ce que permet réellement le bien, puis conseiller un montant qui respecte le cadre tout en restant cohérent avec ses objectifs.

Synthèse d’un dossier de mise en location avec calcul du loyer, charges et documents
Décider avec méthode

Un loyer doit être compréhensible avant d’être publié.

Le propriétaire reste décisionnaire. LUDAEL apporte les repères, les vérifications et le conseil nécessaires pour arbitrer en connaissance de cause.

Notre façon de travailler

Connaître la règle, comprendre le bien et tenir compte du projet du propriétaire.

Un bon conseil ne consiste ni à promettre le loyer le plus élevé ni à appliquer mécaniquement un plafond. Il consiste à expliquer ce qui est possible, ce qui est prudent, ce qui peut être défendu et l’impact concret de chaque choix sur la mise en location.

ÉcouterComprendreConseillerSécuriser
01

Qualifier le logement et l’usage.

Adresse, vide ou meublé, résidence principale, situation particulière, historique locatif et projet du propriétaire.

02

Identifier les règles applicables.

Zone tendue, loyers de référence, précédent loyer, DPE et date du nouveau bail : nous vérifions le cadre avant de parler de montant.

03

Lire le marché réel.

Pour lire le marché, nous comparons des logements réellement concurrents et la demande locale, pas uniquement des annonces affichées.

04

Calculer les charges.

Pour les charges, nous distinguons ce qui relève du loyer, ce qui est récupérable et la méthode adaptée : provision ou forfait lorsque le cadre le permet.

05

Documenter ce qui doit l’être.

Lorsqu’un complément ou une situation particulière est envisagé, nous vérifions les conditions et conservons des éléments objectifs.

06

Conseiller puis laisser décider.

Enfin, nous présentons le loyer recommandé, ses avantages, ses limites et les risques d’un autre arbitrage. Le propriétaire décide avec une vision claire.

Situations concrètes

Le raisonnement change selon le logement et son cadre.

Ouvrez simplement la situation qui se rapproche de la vôtre.

01Appartement hors dispositif local de loyers de référence

D’abord, le marché constitue la base de travail. Nous vérifions ensuite l’historique du bail, le DPE et les éventuelles règles de zone tendue avant de conseiller le montant.

02Appartement soumis à un loyer de référence majoré

Ensuite, le plafond du loyer de base s’ajoute à l’analyse de marché. Si le bien présente une caractéristique particulière, un éventuel complément est étudié séparément et seulement s’il peut être justifié.

03Logement classé E, F ou G : anticiper le calendrier de décence

En métropole, un logement classé G est considéré comme non décent depuis le 1er janvier 2025 et ne doit pas être remis en location comme résidence principale sans travaux permettant d’atteindre le niveau requis. Les logements F deviendront non décents au 1er janvier 2028, puis les logements E au 1er janvier 2034. Par ailleurs, les loyers des logements F et G ne peuvent plus faire l’objet des révisions et majorations prévues par la loi pour les contrats concernés depuis le 24 août 2022. À ce jour, aucun gel comparable des loyers E à compter de 2028 n’est prévu par ces textes.

04Location meublée avec charges au forfait

Enfin, le loyer et le forfait restent deux montants distincts. Nous vérifions le cadre du bail et la cohérence du forfait avec les charges récupérables afin que le budget annoncé reste clair.

Points de vigilance

Les erreurs qui fragilisent un loyer dès le départ.

Certaines demandes du propriétaire peuvent être parfaitement compréhensibles, mais produire un mauvais résultat ou exposer le dossier à une contestation. C’est pourquoi notre rôle est de les expliquer clairement et de proposer une solution plus sûre.

Copier l’annonce la plus chère.Un prix affiché n’est pas toujours un prix accepté par le marché.
Confondre loyer et charges.Le budget mensuel du locataire ne transforme pas les charges en loyer.
Oublier le précédent loyer.En zone tendue ou pour un logement F/G, l’historique peut limiter la hausse.
Ajouter un complément sans justificatif.Le bail doit distinguer le complément du loyer de base et préciser son montant ainsi que les caractéristiques qui le justifient ; le bailleur doit pouvoir les démontrer en cas de contestation.
Surévaluer les charges.La part récupérable doit rester justifiable et distincte des dépenses du propriétaire.
Choisir un bail uniquement pour contourner une règle.Le contrat doit correspondre à la réalité de l’occupation.
Questions fréquentes

Fixer le loyer à Paris et ailleurs : les questions qui reviennent le plus souvent.

Ces réponses donnent un cadre général. La fixation finale dépend toujours du logement, de son adresse, de son historique locatif, de son DPE et du bail envisagé.

Comment savoir combien louer mon appartement ?

D’abord, il faut comparer le logement à des biens réellement concurrents, puis vérifier les règles applicables à son adresse. Ensuite, la surface, l’étage, l’état, le DPE, les équipements, la demande locale et le type de location influencent le montant.

LUDAEL Immobilier croise donc le marché et le cadre juridique avant de proposer un loyer, plutôt que de reprendre un prix affiché sur une annonce voisine.

Comment savoir si mon logement est soumis à l’encadrement des loyers ?

Il faut d’abord vérifier si la commune est située en zone tendue, puis si un dispositif local de loyers de référence y est effectivement en vigueur. Cependant, ces deux notions ne se confondent pas.

Le site Service-Public centralise les explications et les simulateurs officiels disponibles pour plusieurs territoires.

Peut-on louer au-dessus du loyer de référence majoré ?

Dans un territoire appliquant le dispositif de l’article 140, le loyer de base ne doit pas dépasser le loyer de référence majoré. Ensuite, un complément peut seulement s’ajouter si toutes les conditions légales sont réunies.

Il ne s’agit donc pas d’une majoration libre : le complément doit être explicité dans le bail et défendable en cas de contestation.

Comment justifier un complément de loyer ?

Le complément n’est possible que si le loyer de base respecte le loyer de référence majoré et si le logement présente une caractéristique de localisation ou de confort déterminante, non déjà prise en compte par le loyer de référence, non récupérée dans les charges et réellement distinctive par rapport aux logements comparables du même secteur et de la même catégorie. Par exemple, une vue exceptionnelle, certaines qualités liées à un étage élevé ou une annexe privative peuvent être examinées, mais jamais de façon automatique.

Le bail doit distinguer le loyer de base et le complément, préciser le montant du complément et décrire les caractéristiques qui le justifient. Ensuite, le locataire dispose de trois mois à compter de la signature du bail pour saisir la commission départementale de conciliation afin de contester le complément. Enfin, en cas de contestation, il appartient au bailleur d’en démontrer le bien-fondé.

Une terrasse, une vue ou un dernier étage permettent-ils toujours un complément de loyer ?

Non. En effet, il n’existe pas de catalogue automatique. Ensuite, il faut apprécier si la caractéristique est réellement déterminante et distinctive par rapport aux logements comparables du secteur.

Les décisions de justice récentes montrent que le contexte concret du logement compte autant que le nom donné à la prestation.

Comment calculer les charges locatives en copropriété ?

D’abord, on ne reprend pas la totalité des appels de fonds de copropriété. Il faut isoler les dépenses récupérables autorisées par l’article 23 de la loi du 6 juillet 1989 et le décret n° 87-713 du 26 août 1987. Ensuite, le propriétaire peut partir de la précédente régularisation, du budget prévisionnel et des comptes annuels de copropriété ; si la part récupérable n’apparaît pas clairement, il convient de la demander au syndic ou de vérifier les pièces justificatives.

Lorsque les charges sont provisionnées, elles doivent faire l’objet d’une régularisation annuelle, à la hausse ou à la baisse. Ensuite, un mois avant la régularisation, le bailleur communique notamment au locataire le décompte par nature de charges et, dans un immeuble collectif, le mode de répartition.

Peut-on mettre les charges au forfait en location meublée ?

Oui. En effet, pour une location meublée constituant la résidence principale du locataire, l’article 25-10 de la loi du 6 juillet 1989 permet aux parties de prévoir au bail soit des provisions sur charges avec régularisation, soit un forfait. De plus, cette possibilité n’est pas réservée à la colocation : elle peut aussi être utilisée pour un locataire seul ou un couple, dès lors que le bail relève bien du régime de la location meublée. Enfin, le forfait est versé avec le loyer, ne donne pas lieu à complément ou régularisation ultérieure et ne doit pas être manifestement disproportionné par rapport aux charges récupérables.

Un mauvais DPE peut-il empêcher d’augmenter le loyer ?

Oui. En effet, pour les contrats concernés depuis le 24 août 2022, les logements classés F ou G ne peuvent pas bénéficier des révisions et majorations de loyer prévues aux articles 17 et 17-1 de la loi du 6 juillet 1989 ; lors d’une nouvelle location, le nouveau loyer d’un F ou G ne peut pas dépasser le dernier loyer appliqué au précédent locataire. Par ailleurs, dans les territoires soumis à l’encadrement local, un F ou G ne peut pas non plus justifier un complément de loyer.

De plus, il faut distinguer le gel du loyer de l’interdiction de louer liée à la décence énergétique : en métropole, un logement G est non décent depuis le 1er janvier 2025 ; les logements F le seront à compter du 1er janvier 2028 et les logements E à compter du 1er janvier 2034. À ce jour, le texte ne prévoit pas de gel général des hausses de loyer pour les logements E à partir de 2028. Enfin, il existe des cas limités dans lesquels l’article 20-1 restreint les travaux que le juge peut ordonner pour atteindre la performance minimale, notamment en copropriété ou en présence de contraintes architecturales ou patrimoniales ; ces exceptions ne constituent pas une autorisation générale de remettre en location un logement G comme s’il était conforme au critère de décence énergétique.

Le bail Code civil permet-il de fixer librement le loyer ?

Un véritable bail relevant du Code civil peut laisser une liberté contractuelle plus large, mais seulement lorsqu’il correspond réellement à une situation hors du régime de résidence principale.

Cependant, il ne doit pas être utilisé pour contourner artificiellement la loi du 6 juillet 1989 ou un dispositif local d’encadrement. Ainsi, le risque de requalification doit être examiné avant de retenir ce contrat.

Sources officielles et décisions citées.

Les liens utiles sont regroupés ici pour vérifier le cadre applicable sans alourdir la lecture.

Consulter les textes, outils officiels et décisions utilisés dans cette page
Sources vérifiées le 1er novembre 2026. Référentiels réglementaires : millésime 2026. Repère de marché : Carte des loyers ANIL / Ministère, édition décembre 2025. Les règles d’encadrement peuvent évoluer : le texte, l’arrêté local et le référentiel en vigueur doivent toujours être vérifiés à la date de signature du bail.
Fixer votre loyer

Un bon loyer doit être cohérent, légal et défendable.

Vous préparez une mise en location, une relocation ou vous hésitez sur le montant des charges ? LUDAEL Immobilier écoute votre objectif, analyse le logement et son marché, vérifie les règles applicables, puis vous conseille un montant argumenté. Vous gardez la décision, avec les bons repères pour l’assumer.