Mise en location • fixation du loyer

Fixer le bon loyer pour louer son bien immobilier.

Un bon loyer ne se décide ni au hasard ni en copiant l’annonce la plus chère du quartier. Il faut croiser le marché réel, la situation du logement, les règles applicables, son DPE, le précédent loyer et les charges pour aboutir à un montant cohérent et défendable.

Propriétaire bailleur et conseillère immobilière analysant le montant d’un loyer avant mise en location
1MarchéComparer les biens réellement concurrents
2RèglesIdentifier l’encadrement applicable
3ChargesSéparer loyer et charges récupérables
4DécisionFixer un montant cohérent et explicable
Première vérification

Avant de parler de prix, il faut savoir quelles règles s’appliquent au logement.

Le mot « encadrement » recouvre plusieurs mécanismes. Le propriétaire doit donc partir de l’adresse, du type de bail, de l’historique locatif et du DPE avant de retenir un montant.

Marché libre

Hors dispositif local de loyers de référence.

Le marché reste le point de départ. La loi du 6 juillet 1989 pose en principe la liberté de fixation du loyer à la mise en location, sous réserve des autres contraintes applicables, notamment pour les logements F ou G.

Zone tendue

L’évolution du loyer peut être limitée.

Dans les zones tendues, un décret encadre l’évolution de certains loyers lors d’une relocation ou d’un renouvellement. Depuis le 1er août 2026, ce mécanisme est reconduit jusqu’au 31 juillet 2027.

Loyers de référence

Un plafond local peut s’ajouter.

Dans certains territoires ayant mis en œuvre l’expérimentation prévue par l’article 140 de la loi ÉLAN, le loyer de base doit également respecter un loyer de référence majoré.

À vérifier avant chaque mise en location : zone tendue, éventuel dispositif local de loyers de référence, dernier loyer appliqué, date de départ du précédent locataire, DPE et date de signature du nouveau bail.
Analyse de biens comparables pour déterminer la valeur locative d’un logement
Valeur locative

Le bon loyer commence par le marché réel.

La réglementation fixe parfois une limite. Elle ne dit pas toujours quel loyer est économiquement pertinent. Un propriétaire doit aussi regarder ce que les candidats comparent réellement au même moment.

  • Adresse, micro-quartier, transports et environnement immédiat.
  • Surface, nombre de pièces, plan, étage, ascenseur et luminosité.
  • État du logement, équipements, extérieur, stationnement et prestations.
  • Qualité du mobilier lorsque le logement est loué meublé.
  • DPE, confort thermique et éventuels travaux à anticiper.
  • Offre concurrente, niveau de demande et délai de location constaté.
Le loyer théoriquement le plus élevé n’est pas toujours le plus rentable. Un montant trop ambitieux peut allonger la vacance, multiplier les visites inutiles et conduire à perdre plusieurs semaines de loyer.
Loyers de référence

Quand un territoire applique l’encadrement, le calcul doit être vérifié avant l’annonce.

Le loyer de base, hors charges et hors éventuel complément, ne doit pas dépasser le loyer de référence majoré applicable à la catégorie du logement. Le bon réflexe consiste à vérifier l’adresse et le dispositif en vigueur à la date de signature.

Calcul du plafond

Loyer de référence majoré × surface habitable.

Dans les territoires concernés, les références varient selon les paramètres fixés localement, par exemple le secteur, l’époque de construction, le nombre de pièces et le caractère vide ou meublé.

Montant Ce qu’il représente À ne pas confondre avec
Loyer de base Loyer hors charges, avant éventuel complément. Charges locatives.
Loyer de référence majoré Plafond du loyer de base dans le dispositif local. Valeur locative théorique du marché.
Complément de loyer Somme ajoutée seulement si les conditions légales sont réunies. Supplément automatique pour un beau logement.
Situation particulière en 2026 : à Paris, l’arrêté 2026 est annoncé comme applicable jusqu’au 24 novembre 2026, date prévue pour la fin de l’expérimentation actuelle de l’article 140 de la loi ÉLAN. Le dispositif doit donc être revérifié pour tout bail signé après cette date.
Vérification d’un loyer de référence avant la mise en location d’un appartement
Complément de loyer

Une exception à justifier, pas un supplément automatique.

Un complément peut être envisagé lorsque le logement possède des caractéristiques de localisation ou de confort déterminantes par comparaison avec des logements comparables du même secteur. Ces caractéristiques ne doivent pas déjà être prises en compte dans le loyer de référence ni récupérées au titre des charges.

Le loyer de base doit être fixé au niveau du loyer de référence majoré. Le montant du complément et les caractéristiques qui le justifient doivent être inscrits dans le bail.

  • Identifier une caractéristique réellement propre au logement.
  • Comparer avec des logements de même catégorie dans le même secteur.
  • Documenter la caractéristique : plan, étage, vue, photos et éléments objectifs.
  • Écarter ce qui est déjà intégré dans la référence ou dans les charges.
  • Conserver un dossier permettant de défendre le raisonnement en cas de contestation.
Le complément est interdit lorsque le logement présente notamment certains défauts listés par la loi : DPE F ou G, humidité, fenêtres laissant anormalement passer l’air, vis-à-vis à moins de dix mètres, infiltrations, problèmes récents d’évacuation d’eau, installation électrique dégradée ou mauvaise exposition de la pièce principale.
Appartement avec vue dégagée illustrant l’analyse d’un éventuel complément de loyer
Jurisprudence récente

Ce que deux décisions de la Cour de cassation rappellent sur le complément de loyer.

Les décisions ne créent pas une liste automatique de suppléments autorisés. Elles montrent surtout qu’une caractéristique doit être propre au logement, déterminante et appréciée par comparaison avec des biens similaires.

4 décembre 2025 — pourvoi n° 24-17.930 La Cour a validé l’appréciation de juges ayant retenu le calme et la luminosité liés à l’étage élevé, l’ascenseur permettant de profiter de ces avantages sans subir les inconvénients de l’étage. Lire la décision sur Légifrance →
4 décembre 2025 — pourvoi n° 24-15.589 La Cour a admis l’appréciation d’une vue dégagée sur un monument historique prestigieux, considérée comme une caractéristique propre au logement du fait de sa localisation et de son étage. Lire la décision sur Légifrance →
Propriétaire calculant les charges récupérables avant de mettre un logement en location
Loyer et charges

Deux montants différents qu’il ne faut jamais mélanger.

Le loyer hors charges rémunère la mise à disposition du logement. Les charges récupérables correspondent à des dépenses légalement récupérables auprès du locataire. En copropriété, la totalité des charges appelées au propriétaire n’est donc pas automatiquement refacturable.

Situation Méthode Vigilance
Location vide Provisions sur charges avec régularisation annuelle. S’appuyer sur les dépenses récupérables et des justificatifs cohérents.
Meublé — provisions Même logique que l’article 23 : provisions puis régularisation. Ne pas confondre charges de copropriété totales et part récupérable.
Meublé — forfait Forfait prévu au bail, sans régularisation ultérieure. Le montant ne doit pas être manifestement disproportionné.
Maison hors copropriété Identifier les dépenses effectivement récupérables selon les services rendus. Un montant mensuel doit rester explicable et justifiable.
En copropriété, les provisions sont notamment justifiées à partir de la précédente régularisation et du budget prévisionnel. Une régularisation annuelle permet ensuite d’ajuster le montant réellement récupérable.
Type de bail

Le contrat peut modifier le cadre applicable, mais il doit correspondre à l’usage réel.

Location vide, location meublée et situations relevant réellement d’un bail Code civil ne répondent pas toujours aux mêmes règles. Avant d’arrêter le loyer, il faut donc qualifier correctement l’occupation et le contrat envisagé.

Méthode LUDAEL Immobilier

Du marché au bail : arrêter un loyer cohérent et défendable.

Notre rôle n’est pas de plaquer une formule sur un logement. Nous commençons par écouter le propriétaire, comprendre son projet, analyser ce que permet réellement le bien, puis conseiller un montant qui respecte le cadre tout en restant cohérent avec ses objectifs.

Synthèse d’un dossier de mise en location avec calcul du loyer, charges et documents
Décider avec méthode

Un loyer doit être compréhensible avant d’être publié.

Le propriétaire reste décisionnaire. LUDAEL apporte les repères, les vérifications et le conseil nécessaires pour arbitrer en connaissance de cause.

Notre façon de travailler

Connaître la règle, comprendre le bien et tenir compte du projet du propriétaire.

Un bon conseil ne consiste ni à promettre le loyer le plus élevé ni à appliquer mécaniquement un plafond. Il consiste à expliquer ce qui est possible, ce qui est prudent, ce qui peut être défendu et l’impact concret de chaque choix sur la mise en location.

ÉcouterComprendreConseillerSécuriser
01

Qualifier le logement et l’usage.

Adresse, vide ou meublé, résidence principale, situation particulière, historique locatif et projet du propriétaire.

02

Identifier les règles applicables.

Zone tendue, loyers de référence, précédent loyer, DPE et date du nouveau bail : nous vérifions le cadre avant de parler de montant.

03

Lire le marché réel.

Nous comparons des logements réellement concurrents et la demande locale, pas uniquement des annonces affichées.

04

Calculer les charges.

Nous distinguons ce qui relève du loyer, ce qui est récupérable et la méthode adaptée : provision ou forfait lorsque le cadre le permet.

05

Documenter ce qui doit l’être.

Lorsqu’un complément ou une situation particulière est envisagé, nous vérifions les conditions et conservons des éléments objectifs.

06

Conseiller puis laisser décider.

Nous présentons le loyer recommandé, ses avantages, ses limites et les risques d’un autre arbitrage. Le propriétaire décide avec une vision claire.

Situations concrètes

Le raisonnement change selon le logement et son cadre.

Ouvrez simplement la situation qui se rapproche de la vôtre.

01Appartement hors dispositif local de loyers de référence

Le marché constitue la base de travail. Nous vérifions ensuite l’historique du bail, le DPE et les éventuelles règles de zone tendue avant de conseiller le montant.

02Appartement soumis à un loyer de référence majoré

Le plafond du loyer de base s’ajoute à l’analyse de marché. Si le bien présente une caractéristique particulière, un éventuel complément est étudié séparément et seulement s’il peut être justifié.

03Logement F ou G remis en location

Le propriétaire doit intégrer les restrictions liées au DPE et au précédent loyer. L’objectif est de sécuriser la relocation et d’identifier, si nécessaire, les travaux qui amélioreraient la situation.

04Location meublée avec charges au forfait

Le loyer et le forfait restent deux montants distincts. Nous vérifions le cadre du bail et la cohérence du forfait avec les charges récupérables afin que le budget annoncé reste clair.

Points de vigilance

Les erreurs qui fragilisent un loyer dès le départ.

Certaines demandes du propriétaire peuvent être parfaitement compréhensibles, mais produire un mauvais résultat ou exposer le dossier à une contestation. Notre rôle est de les expliquer clairement et de proposer une solution plus sûre.

Copier l’annonce la plus chère.Un prix affiché n’est pas toujours un prix accepté par le marché.
Confondre loyer et charges.Le budget mensuel du locataire ne transforme pas les charges en loyer.
Oublier le précédent loyer.En zone tendue ou pour un logement F/G, l’historique peut limiter la hausse.
Ajouter un complément sans preuve.Le bailleur doit pouvoir démontrer les caractéristiques invoquées.
Surévaluer les charges.La part récupérable doit rester justifiable et distincte des dépenses du propriétaire.
Choisir un bail uniquement pour contourner une règle.Le contrat doit correspondre à la réalité de l’occupation.
Questions fréquentes

Fixer le loyer d’un logement : les questions qui reviennent le plus souvent.

Ces réponses donnent un cadre général. La fixation finale dépend toujours du logement, de son adresse, de son historique locatif, de son DPE et du bail envisagé.

Comment savoir combien louer mon appartement ?

Il faut comparer le logement à des biens réellement concurrents, puis vérifier les règles applicables à son adresse. La surface, l’étage, l’état, le DPE, les équipements, la demande locale et le type de location influencent le montant.

LUDAEL Immobilier croise donc le marché et le cadre juridique avant de proposer un loyer, plutôt que de reprendre un prix affiché sur une annonce voisine.

Comment savoir si mon logement est soumis à l’encadrement des loyers ?

Il faut d’abord vérifier si la commune est située en zone tendue, puis si un dispositif local de loyers de référence y est effectivement en vigueur. Ces deux notions ne se confondent pas.

Le site Service-Public centralise les explications et les simulateurs officiels disponibles pour plusieurs territoires.

Peut-on louer au-dessus du loyer de référence majoré ?

Dans un territoire appliquant le dispositif de l’article 140, le loyer de base ne doit pas dépasser le loyer de référence majoré. Un complément peut seulement s’ajouter si toutes les conditions légales sont réunies.

Il ne s’agit donc pas d’une majoration libre : le complément doit être explicité dans le bail et défendable en cas de contestation.

Comment justifier un complément de loyer ?

Il faut identifier des caractéristiques de localisation ou de confort déterminantes, propres au logement et non déjà intégrées dans les références ou les charges. Les éléments utilisés doivent pouvoir être comparés à des logements de même catégorie dans le même secteur.

En cas de contestation, il appartient au bailleur de démontrer que ces caractéristiques justifient le complément.

Une terrasse, une vue ou un dernier étage permettent-ils toujours un complément de loyer ?

Non. Il n’existe pas de catalogue automatique. Il faut apprécier si la caractéristique est réellement déterminante et distinctive par rapport aux logements comparables du secteur.

Les décisions de justice récentes montrent que le contexte concret du logement compte autant que le nom donné à la prestation.

Comment calculer les charges locatives en copropriété ?

On ne reprend pas la totalité des appels de fonds de copropriété. Il faut isoler les dépenses récupérables sur le locataire, puis établir une provision cohérente à partir des décomptes disponibles et du budget prévisionnel.

Lorsque les charges sont provisionnées, une régularisation annuelle permet d’ajuster la différence entre provisions versées et dépenses récupérables.

Peut-on mettre les charges au forfait en location meublée ?

Oui, si le bail le prévoit. Le forfait est versé avec le loyer et ne donne pas lieu à une régularisation ultérieure. Il ne doit toutefois pas être manifestement disproportionné par rapport aux charges récupérables.

Un mauvais DPE peut-il empêcher d’augmenter le loyer ?

Oui. Pour un logement classé F ou G faisant l’objet d’une nouvelle location, l’article 17 de la loi du 6 juillet 1989 prévoit que le nouveau loyer ne peut excéder le dernier loyer appliqué au précédent locataire.

Dans les territoires à loyers de référence, un logement F ou G ne peut en outre pas justifier un complément de loyer.

Le bail Code civil permet-il de fixer librement le loyer ?

Un véritable bail relevant du Code civil peut laisser une liberté contractuelle plus large, mais seulement lorsqu’il correspond réellement à une situation hors du régime de résidence principale.

Il ne doit pas être utilisé pour contourner artificiellement la loi du 6 juillet 1989 ou un dispositif local d’encadrement. Le risque de requalification doit donc être examiné avant de retenir ce contrat.

Sources officielles et décisions citées.

Les liens utiles sont regroupés ici pour vérifier le cadre applicable sans alourdir la lecture.

Consulter les textes, outils officiels et décisions utilisés dans cette page
Mise à jour réglementaire : août 2026. Les règles d’encadrement peuvent évoluer. Pour un bail signé ultérieurement, il faut toujours vérifier le texte, l’arrêté local et le simulateur en vigueur à la date de signature.
Fixer votre loyer

Un bon loyer doit être cohérent, légal et défendable.

Vous préparez une mise en location, une relocation ou vous hésitez sur le montant des charges ? LUDAEL Immobilier écoute votre objectif, analyse le logement et son marché, vérifie les règles applicables, puis vous conseille un montant argumenté. Vous gardez la décision, avec les bons repères pour l’assumer.